Time for action

Lettre ouverte à SebSauvage

Rappel du contexte : Free, FAI de SebSauvage, vient de se voir assigné en référé car plusieurs des sites qu’il héberge contiennent des miroirs de CopWatch, le site qui « espionne les flics ». Je vous encourage à lire les deux derniers articles publiés par SebSauvage : Assignation en référé et Censure 2.0 pour mieux comprendre. Si ces liens sont brisés à l’heure ou vous lisez ces lignes (on sait jamais, parti comme c’est…) la liste des miroirs de SebSauvage est disponible sur pastebin. Et peut-être bien ici aussi, sait-on jamais.

J’étais comme qui dirait sidéré après la lecture de ces articles. Pas que je ne savais pas déjà ce qui se passait, mais quand même. La preuve était là. Impossible de nier. Et avec elle, la question : mais que faire contre ça ?! Comment, à ma faible échelle, puis-je agir ?

Alors, déjà, effet streisand oblige, j’allais copier ces deux derniers articles sur ce blog. Mais comme visiblement un certain nombre des miroirs listés sur pastebin ne fonctionnent plus, j’ai pensé à installer un autoblog sur geexxx.fr. Comment m’y prendre.. ?
Pour la navigation sans censure, cette histoire d’Opera turbo m’a toujours perturbé, pour moi c’est une grosse centralisation, qu’est-ce qui me prouve que je peux avoir confiance dans les proxy d’Opera ? Qui me dit qu’ils n’enregistrent pas tout mon historique ? Et puis, au final, mon trafic passe toujours par mon fournisseur d’accès qui peut très bien faire du DPI… Quelle solution choisir ?

Et toutes les autres choses qui font que ma navigation sera aussi protégée que possible. Est-ce que j’en oublie ?

En dehors de ça, à notre échelle, quelles actions concrètes… ? Depuis plusieurs années, j’informe les gens autour de moi, je fais attention aux services que j’utilise, et maintenant que j’ai un peu de sous, je donne à la quadrature, à diaspora, à l’april… Je discute, j’échange, je réfléchis sur de nombreux blogs, réseaux, avec beaucoup de monde. Mais se rendre compte que rien ne va plus, le dire aux autres et financer ceux qui luttent, même si c’est déjà bien, je crains que ce ne soit maintenant plus suffisant.

Alors je te demande, à toi et aux autres qui liront ici, que faire ? …

En vrac : participer à des DDoS inutiles aux côtés d’anonymes qui font plus ça pour la gloire (?) que pour l’intérêt public ? Me présenter en politique au milieu de tous ces pourris qui y comprennent rien ? (je soutiens le parti pirate mais franchement, sur un thème aussi grave que le danger nucléaire, les verts peinent à faire quelques pour-cents, alors la liberté sur internet, c’est pas demain la veille que ce sera une préoccupation assez importante pour faire gagner une élection…) Alors quoi ?

Alors, voici une idée. Je ne sais pas trop ce qu’elle vaut, elle est à améliorer, mais c’est déjà une piste.
Et si nous réussissions à créer quelque chose, un manifeste, des recommandations, je n’en sais rien, quelque chose, pour ceux qui ne connaissent pas tout mais souhaitent agir ? Un document qui indiquerait, de manière détaillée, expliquant les avantages et les inconvénients de chaque solution, comment agir, d’abord pour soit (en se protégeant), ensuite pour les autres (comment on monte un autoblog ? au hasard :p).

Et si ces recommandations n’étaient pas faites par deux personnes, mais qu’elles résultaient d’une réflexion entre tous les internautes ? Des gens avec une notoriété dans le monde IT aux simples lecteurs intéressés qui gravitent autour des débats sans savoir comme participer. Si l’Internet se réunissait pour créer quelque chose d’utile à sa survie ? Quelque chose qui serait simple, compréhensible par tous, pas prise de tête, facilement diffusable, et qui permettrait, si tout le monde l’appliquait, de changer radicalement la face de l’Internet ?

Car dans cette sorte de cyberguerre dont tu parles, les armes des internautes sont la facilité de communiquer et de se regrouper. A nous de les utiliser efficacement. Tout ce réseau de blogs et de sites nous ont permis et nous permettent d’être tous les jours plus au courant des dangers pour notre réseau. Ils peuvent faire plus que de l’information. Il est temps maintenant de se regrouper pour réussir à construire une parade avant qu’il ne soit trop tard.

Aux armes citoyens ?

Flaburgan

Ps : Concrètement, en fait, ce que je propose, c’est rien de plus qu’une recommandation comme le W3C peut publier, mais qui indiquerait les bonnes pratiques pour naviguer sur Internet. Elle pourrait être publiée par la Quadrature, ou même la CNIL pourquoi pas. Mais surtout, elle résulterait de longues heures de réflexion entre internautes de tout poil. Ce serait la réponse de l’Internet aux insultes subies en ce moment.

{6} Thoughts on “Time for action

  1. Quelle action ? Vaste question.

    La source de ces problèmes est à la fois économique et politique. C’est donc à ce niveau là qu’il faudrait agir. Agir à la source des problèmes. Mais comment ?
    Contacter les députés, les journalistes, expliquer, communiquer, dénoncer… beaucoup de site le font déjà, comme la Quadrature du Net, Framablog et de nombreux autres.

    Concrètement, le résultat ? Je ne sais pas. Pas grand chose. L’inertie est énorme.
    Les voix du web (ceux qui sont concernés), même les plus fortes, n’ont que peu d’impact. Il suffit de voir la farce à laquelle les « acteurs » du web étaient conviés à l’Élysée, pour immédiatement se torcher avec leurs avis dans les lois qui ont suivi.

    Donc l’action politique ne suffit pas. C’est nécessaire, mais pas suffisant. Il faut une action citoyenne.

    Il y a plusieurs moyens d’y arriver.
    Déjà en informant et en expliquant au plus grand nombre, afin que nous ne soyons pas les seuls à faire pression. Des sites sont déjà là et font beaucoup (Reflets.info, la Quadrature et bien d’autres). Mais on est jamais assez.
    Et puis il n’y a pas vraiment de fédération: Chaque site a son optique (ce qui n’est pas un mal, puisque cela permet de s’adapter à différent publics).
    Est-ce qu’il faut fédérer et uniformiser le discours ?

    Ensuite, parallèlement à cette mission d’information, il faut entrer en action, comme le font les développeurs de TOR, Freenet et I2P, comme le font Telecomix et bien d’autres. Des choses concrètes, maintenant.

    Appelons ça désobéissance civile, hacktivisme… ces nombreuses notions se recoupent.

    J’aime la technique, alors à défaut de voir avancer les choses comme je le souhaiterais au niveau politique et économique, j’agis au niveau technique, avant qu’il soit trop tard, avant que ça fasse trop de dégâts.
    Contre la censure, l’autoblog est un début, mais c’est loin d’être une solution idéale. Freenet est fantastique, mais il est lourd et complexe à comprendre. Il y a encore beaucoup d’autres projets, plus ou moins aboutis.
    Je réfléchis déjà à d’autres solutions techniques permettant de rendre la censure plus difficile.

    Et la censure n’est que l’un des nombreux problèmes (il y a également la surveillance, la vie privée…)

    Mais bien sûr, toute cette technique, toutes nos actions restent soumises aux instances supérieures: Nous avons tous une pression dont nous ne pouvons pas nous défaire. Si on m’y oblige, je devrais supprimer un article (comme je l’ai déjà fait).
    Alors la puissance viendra du nombre. C’est ce qui s’est passé pour Wikileaks, pour les autoblogs.

    Mais tout cela reste décousu. Ce ne sont que les grandes mailles.

    • La mise en place de moyens techniques est primordial. Mais il est aussi nécessaire d’expliquer à tout ceux qui ne sont pas à l’aise avec ces outils comment les utiliser. Mon idée était donc de regrouper les explications principaux outils dans un manuel pour le partager facilement.

      On pourrait imaginer le partager en niveau (novices, connaisseurs, geeks). On aborderait des outils comme adblock, ghostery, tor etc, qui auraient tous été testés et provenant de sources sûres. On pourrait aussi imaginer une liste des logiciels à éviter, selon le niveau de risque qu’on imagine.

      Mais je ne me prétends pas suffisamment instruit pour faire tout cela seul, et j’aimerais pouvoir affirmer que ce document a été créé par tous. La collaboration des acteurs du réseau pour l’améliorer.

  2. « Est-ce qu’il faut fédérer et uniformiser le discours ? »

    J’en ai parlé à Fla ce matin en lui donnant mon avis sur l’article. Fédérer. La profusion d’information de différentes sources c’est à la fois une bonne chose et une mauvaise chose. Une bonne chose pour la pluralité des approches, une mauvaise chose lorsqu’il s’agit de communiquer à la masse.
    Alors fédérer oui. Uniformiser, si possible, non. Ou plutôt un juste milieu entre trop et pas assez.

    Je lui disais aussi que la création d’une plateforme dédiée à ces problématiques avec des solutions techniques clairement expliquées, des mises à jours etc. serait une bonne idée. Une plateforme qui verrait collaborer les acteurs qui luttent chacun dans leur coins : reflet, la quadrature, les autres moins connus.
    Ces communautés « d’hacktivistes » ont besoin de s’unir, de développer un langage commun (à la fois dans le sens « le même » et dans le sens « de tous les jours »). De se donner une image de citoyen engagé qui sorte du « les Anonymous ils ont cassé le site web du gouvernement, les méchants ». Chercher des soutiens politiques parce qu’il en faudra si l’action prend de l’ampleur.

    Je n’ai pas la prétention, la motivation et la notoriété pour participer à ça en tant qu’initiateur ou agitateur. Time for action ? Si tu le crois, Fla, sors ton adresse email, va voir sur IRC les gens intéressés par ta démarche. Réfléchis à ce que tu veux, écris un mail posé. Parles-en à Bluetouff, à M. Zimmerman. Dis-leur (mais ils le savent) que les gens d’en bas veulent bouger. Dis leur qu’ils ont des idées. Dis leur qu’il faut qu’ils s’asseyent autour de la même table pour penser une action en commun.
    Associe dans ta démarche des gens qui ont le même sentiment et les mêmes aspirations, au hasard, pourquoi pas SebSauvage ?
    N’oublie pas qu’il n’y a pas d’inventeur génial seul dans son garage mais que les grandes idées sortent du partage au seins d’un groupe.

    Time for action, baby !

      • J’explique.

        Pour faire fermer un site, il y a plusieurs options. Entre autres:

        – demander au webmaster
        – demander à l’hébergeur
        – imposer une censure à tous les FAI.

        Personnellement, mon adresse email est visible sur mon site, et une adresse email de contact valide est fournie dans mon whois: Il n’y avait donc aucun obstacle à me contacter… mais le ministère de l’intérieur ne l’a même pas fait.
        Ils ne semblent pas non plus avoir contacté mon hébergeur.

        Ils préfèrent bloquer tranquillement en assignant les FAI.

        Encore heureux que cet internaute m’ait envoyé une copie du PDF qu’il a reçu de Free (lui), sinon j’aurais découvert tout à coup que mon site est bloqué en France.

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