diaspora v0.5.0.0, deuxième

La sortie est encore récente, et j’ai depuis mis à jour framasphère. Je me suis dit que ca pouvait être sympa de contacter la presse tech francophone pour essayer de faire un peu de bruit autour de cette sortie, alors j’ai écrit un petit mail aux sites que je connaissais. Comme je ne garde jamais rien pour moi, le voici :

La communauté des contributeurs au projet diaspora* est fière d’annoncer la sortie d’une nouvelle version majeure, la version 0.5.0.0. Diaspora* est un projet Libre d’un réseau social décentralisé et respectueux de la vie privée. Il a été lancé en 2010 par 4 étudiants américains. En Août 2012, ils cédaient la gouvernance du projet à la communauté. Cette nouvelle version est donc la cinquième version majeure publiée par la communauté.

Elle contient de nombreuses améliorations, dont notamment des grosses améliorations de l’expérience utilisateur tant sur desktop que sur mobile, beaucoup de refactoring et de changements sous le capot pour de meilleures performances, de nouvelles actions pour les administrateurs, et toujours des efforts pour améliorer la protection de la vie privée de l’utilisateur (voir ce précédent billet pour des détails sur ce point). L’annonce de la sortie est disponible sur le blog officiel (en anglais).

Avec 785 commits changeant 1336 fichiers, 31671 lignes de code ajoutées et 34509 lignes supprimées par 20 contributeurs différents, cette version est la plus grosse jamais sortie par la communauté. Le dépôt github vient d’ailleurs de dépasser les 10.000 stars, ce qui en fait le 3ème projet Ruby on Rails le plus suivi sur github.

diaspora* a connu un regain d’intérêt en France ces derniers mois, notamment grâce au lancement par Framasoft de leur nœud diaspora* framasphère dans le cadre de leur campagne « Dégooglisons Internet« . Lancé en Octobre dernier, celui-ci approche maintenant les 16.000 utilisateurs. Si vous souhaitez (re)découvrir diaspora*, framasphère est un serveur idéal où s’inscrire. N’oubliez pas de suivre des tags pour voir votre flux se remplir de contenu vous intéressant.

diaspora* v0.5.0.0 est en approche

Il nous aura fallu environ 6 mois pour sortir une release candidate de la nouvelle version majeure de diaspora*, la version 0.5.0.0. En cause principalement, le nouveau chat intégré basé sur XMPP que nous avons beaucoup de mal à stabiliser. Il est fonctionnel mais a du mal à passer correctement à l’échelle. Une nouvelle version de diaspora* sort en général tous les trois mois, nous avions donc déjà manqué une sortie, il n’était plus possible de repousser encore et toujours la sortie de la 0.5.0.0. Une branche contenant le code candidat à une release a donc été créée il y a un peu plus d’une semaine. Le chat XMPP y est inclus mais marqué comme expérimental et il est fortement déconseillé de l’activer sur un serveur de production avec de nombreux utilisateurs pour le moment. Pour autant, les améliorations sont nombreuses dans cette nouvelle version et il aurait été dommage de vous faire encore patienter.

En fait, les modifications sont tellement nombreuses que j’ai dû découper cet article en une série d’articles. Rien que le plan m’a montré à quel point il devenait gros. Pourtant, j’avais fait un effort, j’avais pris un joli pad dans lequel j’avais retenu uniquement les fonctionnalités essentielles, et tout et tout… Mais rien n’y a fait, il a fallu hacher tout ça et vous le délivrer petit à petit, histoire de faire monter le suspense. Quant-à ceux qui sont sur diaspora-fr.org et utilisent déjà le code de la version 0.5.0.0, vous êtes priés de ne pas tout dévoiler à vos petits camarades ! Laissez-les s’impatienter voyons !

Voici toutefois le sommaire de cette série d’articles sur diaspora* v0.5.0.0 qui vous dévoile les plus grosses améliorations. Après tout, le changelog, bien qu’incompréhensible, est public. Il n’y avait donc pas tellement de raison d’attendre plus. J’ajouterai au fur et à mesure les liens vers les articles lorsqu’ils sortiront (y’a encore du boulot). Le sommaire donc :

  • Une expérience utilisateur améliorée avec le portage de l’intégralité de l’interface vers bootstrap (ça y est !) et de nombreuses améliorations qui vont je l’espère vous faciliter l’utilisation de diaspora* (oui, cette phrase ne dévoile rien, c’est fait exprès)
  • Une meilleure protection de la vie privée avec notamment le retrait des données EXIF par défaut et un proxy pour les images, mes avancées préférées de cette nouvelle version
  • La version mobile qui n’est pas en reste, avec les tags suivis et l’ajout de contacts (elle était attendue celle-là !)
  • Sous le capot ça bouge aussi avec des mises à jour majeures de Ruby, Rails et Sidekiq, et des améliorations de la fédération
  • et pour finir un tour sur les nouvelles fonctionnalités pour les podmins tel que l’expiration des comptes inactifs et la possibilité de verrouiller temporairement un compte

Voilà, croyez moi, vous allez en avoir pour votre argent. Comment ça, c’est Libre et gratuit ? Bon, mais si vous voulez quand même investir de l’argent, n’oubliez pas que nous sommes présents sur Bounty Source, où vous pouvez poster des bounties sur des issues github, pour financer le développement des fonctionnalités qui vous tiennent le plus à cœur. Plus d’infos sur le blog officiel.

Dîtes, ça se voit que je suis enthousiaste ?

Qu’est-ce que le projet Firefox OS ?

ffosbgÇa y est, le système d’exploitation de Mozilla arrive en France grâce à un partenariat entre le constructeur ZTE et E. Leclerc. C’est donc le ZTE Open C qui sera le premier téléphone sous Firefox OS commercialisé en France. Vous pouvez lire à ce sujet le billet de blog officiel de Mozilla. Je ne vais pas m’étendre spécialement sur ce téléphone, vous pouvez aller voir le site de ZTE pour cela. Je vais parler ici du système lui même, de pourquoi Mozilla s’est lancée dans un tel projet, pourquoi il est extrêmement important pour notre Liberté, et pourquoi je crois en lui et pense que c’est la solution, plus que les autres projets Libres (Sailfish OS par Jolla, Ubuntu, Tizen…).

D’abord, qu’est-ce que c’est que Firefox OS (anciennement connu sous le nom de boot to gecko) :

  • Un système d’exploitation complet, découpé en trois couches : Gonk (C) un Linux qui permet de parler avec le materiel, Gecko (C++) le moteur de rendu de Firefox (interprétation du HTML + moteur Javascript) et Gaia (HTML5 / CSS3 / JavaScript) l’interface du système
  • Il est orienté mobile, même s’il peut s’installer relativement partout (il y a actuellement des partenaires qui travaillent sur des tablettes, des télévisions et un dongle HDMI à la chrome cast)
  • C’est un Logiciel Libre (la licence n’est pas la même selon les couches mais respecte toujours les 4 libertés) conçu par une fondation à but non lucratif
  • Il possède actuellement toutes les fonctionnalités de base d’un smartphone : appel, SMS/MMS, gestion des contacts, email, agenda, musique, camera, radio, suivi conso, connectivité (3G, WiFi, bluetooth, NFC), magasin d’applications…

On peut maintenant arriver à la vraie question :

Pourquoi Firefox OS, un système d’exploitation basé sur le web ?

Read More

Promouvez Firefox !

Je l’écrivais déjà il y a un an. Maintenant qu’Australis est arrivée, que Firefox a l’air jeune et beau à nouveau, il est de la plus haute importance que nous recommencions tous à le recommander et l’installer dès que nous le pouvons. Nous devons faire remonter les parts de marché de Firefox pour donner du poids à Mozilla face à Google, Apple, Internet Explorer…

Pourquoi ? Dernier exemple en date, ces fameux DRM qui vont être intégrées directement dans le HTML5. Mozilla est intimement contre les DRMs. Mais Mozilla a maintenant moins de 25% de part de marchés. Si mozilla refuse les DRMs dans Firefox, cela ne va qu’accentuer le départ des utilisateurs vers Chrome et Cie (Firefox sa marche pa c nul bou caca), les autres éditeurs seront bien content, et Mozilla aura encore moins de poids la prochaine fois qu’un problème de cette taille apparaitra.

Imaginez maintenant la même situation si Firefox avait 85% de part de marché. Apple, Microsoft et Google arrivent avec leur gros sabots « on va rajouter les DRMs dans le web ! » et mozilla répond « faîtes ce que vous voulez, nous on ne l’implémentera pas« . Résultat, ne pouvant se priver de 85% de leurs visiteurs, les sites web n’utiliseraient pas les DRMs. Problem solved.

Alors, arrêtez de râler « mozilla ne devrait pas ajouter le support des DRMs à Firefox ! » si mozilla le fait, c’est à cause de vous, qui ne vous battez pas assez contre chrome/chromium et les autres.

Challenge, installez Firefox en le mettant par défaut sur 10 pcs d’ici la fin de la semaine prochaine. Et n’ayez pas l’impression que vous forcez les gens en faisant ça, c’est probablement comme ça que Chrome s’est installé chez eux, avec un freeware pourri type RealPlayer. La balle est dans notre camp.

Conférence « Avoir une vie privée sur Internet » à Grenoble mardi 3 décembre

Ceux qui suivent un peu ce blog l’auront remarqué, la vie privée sur internet est un sujet qui me passionne. Et bien sachez que je ne fais pas qu’écrire des blogposts, je donne aussi des conférences sur le sujet en tant que contributeur mozilla. Je serais donc à l’Ensimag, sur le campus de St Martin d’Hères à côté de Grenoble mardi 3 décembre, pour parler de vie privée sur Internet, et présenter Lightbeam (Ex Collusion), le module complémentaire tout neuf de la fondation mozilla qui vous permet d’observer vos observateurs. Armé de cet outil, nous répondrons ensemble à la fameuse question « C’est quoi le problème, j’ai rien à cacher ! » et une fois que tout le monde sera convaincu du contraire, nous verrons les solutions qui existent pour se protéger, selon les moyens que nous acceptons de mettre.

lightbeam screenshot

Rendez-vous donc à l’Ensimag (Plan d’accès) mardi 3 décembre à partir de 19h.

Cette conférence est organisée par la Guilde, le Linux User Group de Grenoble, que je remercie chaleureusement pour l’invitation :)

Présentation du Service de Géolocalisation de Mozilla

Ce qui suit est une traduction d’un article du blog Mozilla.

Le Service de Géolocalisation Mozilla est un projet pilote expérimental fournissant des positions GPS basées sur les informations publiquement accessibles d’antennes de téléphonie mobile et de points d’accès WiFi. Encore à ses prémisses, le projet propose déjà une couverture de service basique avec une sélection de positions fournies par nos contributeurs et premiers adeptes.

Carte des positions existantes

Bien que de nombreux services commerciaux existent déjà dans ce domaine, il n’y a actuellement aucun service public de grande ampleure fournissant cet élément crucial de tout écosystème mobile. Les téléphones mobiles ayant un faible signal GPS et les ordinateurs portables sans puce GPS peuvent utiliser ce service pour identifier rapidement leur position approximative. Même si basées sur des signaux publiquement accessibles, les données de positionnement sous-jacentes sont par nature personnelles et extrêmement sensibles. Mozilla souhaite ardemment améliorer tous les aspects de ce service concernant la vie privée des parties impliquées.

Si vous souhaitez nous aider à construire notre service, vous pouvez installer notre application Android dédiée, MozStumbler, et vous amuser à rivaliser avec les autres utilisateurs dans notre classement en ligne ou choisir de contribuer anonymement. Le service évoluant rapidement, vous pouvez vous attendre à voir prochainement une expérience utilisateur plus complète. Pour avoir un aperçu de l’expérience actuelle, vous pouvez vous diriger vers le blog de Soledad Penadés qui a écrit une introduction bien plus poussée que la notre.

Toute idée ou inquiétude à propos de ce projet sont les bienvenues et nous apprécions tous les retours ou cas d’utilisation que vous voudrez nous transmettre. Vous pouvez nous contacter soit sur notre liste de diffusion soit directement sur notre canal IRC #geo sur le serveur IRC de Mozilla.

Pour plus d’informations, veuillez suivre les liens sur la page de notre projet.

Hanno Schlichting, au nom des équipes Géolocalisation et Services Cloud

Le scandale de la NSA pour les nouilles

Je n’ai pas l’habitude de reprendre du contenu d’autres sites web dans mes propres articles. D’ailleurs, je reste fidèle à ce principe, puisque je ne vais pas le faire ici. Pour autant, ce billet a comme premier objectif de vous renvoyer vers celui de klaire que je viens de découvrir :

Le scandale de la NSA pour les nouilles

J’ai trouvé cette infographie très claire et bien réalisée, je vous encourage donc à la découvrir et à la partager comme je viens de le faire. Elle est pour moi un support idéal pour résumé l’ampleur de l’histoire à un public pas forcément touché par ce genre de révélations.

Allez, c’est votre devoir maison, faîtes-le, maintenant ! Présentez ce document à des gens autour de vous et faîtes les réfléchir sur le sujet !

… C’est bon, c’est fait ?

Bon. Alors, vous avez probablement eu deux types de réactions différentes après la lecture de l’infographie :

Réaction possible numéro une : « Moi, j’m’en fous, j’ai rien à cacher, rien à me reprocher, ils s’en foutent la NSA que je bouffe du fast food et que mon père soit charpentier. »

Voici comment je réagis à ce genre d’affirmation (n’hésitez pas à partager dans les commentaires comment vous réagissez vous, ça m’intéresse ! On peut sûrement peaufiner notre discours pour qu’il soit le plus convainquant possible) :

  1. Le problème de l’État lui même : En théorie, l’État oeuvre pour le bien des citoyens. En réalité, on voit bien que c’est pas toujours le cas. Et surtout, même s’il prend soin des citoyens en ce moment même, on ne sait pas de quoi le futur sera fait, et laisser 50 ans de données à la nouvelle dictature du futur n’est pas quelque chose qui m’enchante. (Imaginez vous un instant si un dictateur avec des idées d’éradication arrivait au pouvoir maintenant que Facebook est là, avec tout ce que vous avez pu y publier depuis des années…)
  2. Le problème des entreprises qui nous embauchent : On dit ce qu’on veut sur le respect de la vie privée, clairement, les recruteurs et même les RH une fois dans l’entreprise surveillent ce que vous dîtes sur les réseaux sociaux. Et dans la période de chômage actuelle, les entreprises peuvent se permettre de faire les difficiles sur les gens qu’elles embauchent, ce qui est loin d’être le cas pour les personnes cherchant du travail…
  3. Le problème des entreprises dont nous sommes les clients : c’est pour moi clairement le plus gros problème, pourtant, nous n’entendons généralement que les deux premiers quand on parle de vie privée. C’est le plus gros car c’est celui qui nous impacte le plus souvent, le plus facilement. Prenons un exemple simple, vous voulez assurer votre moto. Vous êtes un garçon, de 24 ans, avec le permis depuis 4 mois. Rien qu’avec ces trois critères (age, sexe, durée de permis), nous voyons une différence de tarif du simple au double avec par exemple une femme de 40 ans ayant le permis depuis 15 ans. Juste parce que, statistiquement, vous avez plus de chance d’avoir un accident. Alors imaginez maintenant que, statistiquement, il se révèle que les gens aimant les fast food et ayant un père charpentier ont deux fois plus d’accident que les autres (c’est un exemple, je n’ai rien contre les charpentiers, bien au contraire). Que va faire votre assurance, à votre avis ? Doubler le prix. Voici quelque chose qui implique votre vie en ligne, ou vous n’avez « rien à cacher », et qui impact pourtant directement votre vie réelle, hors ligne, votre portefeuille. J’ai beaucoup de choses à dire sur ce sujet, et il fera donc l’objet d’un autre article, mais j’espère vous avoir déjà mis la puce à l’oreille.

Réaction possible numéro deux : « OMG OMG OMG c’est horrible qu’est-ce que je peux faire ? »

J’ai déjà donné quelques pistes dans mon précédent article lors des révélations sur PRISM. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet une fois de plus, l’objet de ce billet était surtout de vous faire découvrir l’infographie de @klaire. En résumé : utilisez des logiciels Libres (Firefox, pas Internet Explorer ni Chrome, si vous avez un geek sous la main, demandez lui de vous installer Linux), éviter les services des entreprises américaines (prism-break.org résume bien les alternatives existantes), protéger son surf (installer les extensions httpseverywhere et ghostery (ou disconnect.me) dans firefox, activer do not track et désactiver les cookies tiers dans firefox…). Je m’étendrai certainement plus sur ce dernier point dans un prochain billet. En attendant, diffusez l’infographie, le monde doit savoir !