Category Archives: Réflexions

Bloguer est un art difficile.

Un petit meta article pour réfléchir sur la communication sur le Web.

La communication est essentielle dans un projet, et encore plus lorsqu’il est Libre. Il n’y a rien de pire que de travailler « en boite noire » sans communiquer avec la communauté, et d’arriver plusieurs mois plus tard en disant « TINTIIIN ! Voici une nouvelle version qui a complétement changé de direction par rapport à ce que vous croyiez et maintenant c’est trop tard pour faire quoi que ce soit ! ». Je pense d’ailleurs honnêtement que c’était la cause principale de l’échec du projet diaspora* lorsqu’il était mené par ses fondateurs. Même si on s’est un peu amélioré depuis, il reste beaucoup d’effort à faire en ce sens. Pourquoi communiquer est-il si important ? Vous connaissez déjà la réponse à cette question : un projet a tout à gagner à être connu. Plus d’utilisateurs, ce qui en fait un projet plus attractif, plus rentable s’il est basé sur ce genre de modèle d’affaire, plus crédible aussi, et plus fort, lorsqu’il y a des bras de fer avec les concurrents. Mais aussi, une plus grosse communauté qui, si elle est bien gérée, peut amener plus de contributeurs (développeurs, mais aussi designeurs, sysadmin, traducteurs… Tous sont nécessaires) et donc un projet de meilleure qualité. Il faut savoir jouer avec avec finesse, mais les bénéfices sont souvent à la hauteur des efforts fournis. Maintenant que nous sommes d’accord sur le fait que la communication est essentielle et que le succès ou l’échec d’un projet dépend d’abord d’elle, peu importe sa qualité technique, je peux rajouter deux gros bémols.
Lire la suite »

Le scandale de la NSA pour les nouilles

Je n’ai pas l’habitude de reprendre du contenu d’autres sites web dans mes propres articles. D’ailleurs, je reste fidèle à ce principe, puisque je ne vais pas le faire ici. Pour autant, ce billet a comme premier objectif de vous renvoyer vers celui de klaire que je viens de découvrir :

Le scandale de la NSA pour les nouilles

J’ai trouvé cette infographie très claire et bien réalisée, je vous encourage donc à la découvrir et à la partager comme je viens de le faire. Elle est pour moi un support idéal pour résumé l’ampleur de l’histoire à un public pas forcément touché par ce genre de révélations.

Allez, c’est votre devoir maison, faîtes-le, maintenant ! Présentez ce document à des gens autour de vous et faîtes les réfléchir sur le sujet !

… C’est bon, c’est fait ?

Bon. Alors, vous avez probablement eu deux types de réactions différentes après la lecture de l’infographie :

Réaction possible numéro une : « Moi, j’m’en fous, j’ai rien à cacher, rien à me reprocher, ils s’en foutent la NSA que je bouffe du fast food et que mon père soit charpentier. »

Voici comment je réagis à ce genre d’affirmation (n’hésitez pas à partager dans les commentaires comment vous réagissez vous, ça m’intéresse ! On peut sûrement peaufiner notre discours pour qu’il soit le plus convainquant possible) :

  1. Le problème de l’État lui même : En théorie, l’État oeuvre pour le bien des citoyens. En réalité, on voit bien que c’est pas toujours le cas. Et surtout, même s’il prend soin des citoyens en ce moment même, on ne sait pas de quoi le futur sera fait, et laisser 50 ans de données à la nouvelle dictature du futur n’est pas quelque chose qui m’enchante. (Imaginez vous un instant si un dictateur avec des idées d’éradication arrivait au pouvoir maintenant que Facebook est là, avec tout ce que vous avez pu y publier depuis des années…)
  2. Le problème des entreprises qui nous embauchent : On dit ce qu’on veut sur le respect de la vie privée, clairement, les recruteurs et même les RH une fois dans l’entreprise surveillent ce que vous dîtes sur les réseaux sociaux. Et dans la période de chômage actuelle, les entreprises peuvent se permettre de faire les difficiles sur les gens qu’elles embauchent, ce qui est loin d’être le cas pour les personnes cherchant du travail…
  3. Le problème des entreprises dont nous sommes les clients : c’est pour moi clairement le plus gros problème, pourtant, nous n’entendons généralement que les deux premiers quand on parle de vie privée. C’est le plus gros car c’est celui qui nous impacte le plus souvent, le plus facilement. Prenons un exemple simple, vous voulez assurer votre moto. Vous êtes un garçon, de 24 ans, avec le permis depuis 4 mois. Rien qu’avec ces trois critères (age, sexe, durée de permis), nous voyons une différence de tarif du simple au double avec par exemple une femme de 40 ans ayant le permis depuis 15 ans. Juste parce que, statistiquement, vous avez plus de chance d’avoir un accident. Alors imaginez maintenant que, statistiquement, il se révèle que les gens aimant les fast food et ayant un père charpentier ont deux fois plus d’accident que les autres (c’est un exemple, je n’ai rien contre les charpentiers, bien au contraire). Que va faire votre assurance, à votre avis ? Doubler le prix. Voici quelque chose qui implique votre vie en ligne, ou vous n’avez « rien à cacher », et qui impact pourtant directement votre vie réelle, hors ligne, votre portefeuille. J’ai beaucoup de choses à dire sur ce sujet, et il fera donc l’objet d’un autre article, mais j’espère vous avoir déjà mis la puce à l’oreille.

Réaction possible numéro deux : « OMG OMG OMG c’est horrible qu’est-ce que je peux faire ? »

J’ai déjà donné quelques pistes dans mon précédent article lors des révélations sur PRISM. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet une fois de plus, l’objet de ce billet était surtout de vous faire découvrir l’infographie de @klaire. En résumé : utilisez des logiciels Libres (Firefox, pas Internet Explorer ni Chrome, si vous avez un geek sous la main, demandez lui de vous installer Linux), éviter les services des entreprises américaines (prism-break.org résume bien les alternatives existantes), protéger son surf (installer les extensions httpseverywhere et ghostery (ou disconnect.me) dans firefox, activer do not track et désactiver les cookies tiers dans firefox…). Je m’étendrai certainement plus sur ce dernier point dans un prochain billet. En attendant, diffuser l’infographie, le monde doit savoir !

Et si nous n’avions plus besoin de nous déplacer ?

Titre un peu tape à l’œil, je vous l’accorde. Disons, « moins besoin » alors. Mais d’où me vient-il, ce titre ? Et bien, une fois n’est pas coutume, ce billet parlera plus d’économie et d’écologie que d’informatique, mais bon, comme on parle quand même mieux de ce qu’on connaît, l’IT y aura aussi sa place, ne vous inquiétez pas. Ce titre donc, il vient d’une idée simple, et pourtant, dont on entend trop peu parler dans « notre société de croissance » : celle de la diminution du besoin.

Imaginez une situation dans laquelle on peut classer les éléments qui la constituent en deux catégories, la catégorie « bien » et la catégorie « pas bien« . Le problème de tout un chacun dans cette situation est d’augmenter la proportion de « bien » par rapport à celle de « pas bien ». C’est un peu abstrait ? Bon, allons-y plus concrètement. Prenons par exemple la production d’électricité en France. On peut classer les moyens de produire de l’électricité en deux catégories : ceux qui nous semblent bien (par exemple, les énergies renouvelables), et ceux qui nous semblent « pas bien » (par exemple, les énergies fossiles, ou le nucléaire). Notez bien sûr que chacun est libre de définir ses propres critères, cela ne change absolument rien au raisonnement. On peut classer une énergie dans « pas bien » parce qu’elle est polluante, dangereuse, ou tout simplement parce qu’on pense qu’elle n’existera plus dans 20 ans car il n’y aura plus de combustible. Peu importe la raison de notre classement, ce qui est important, c’est que tous les moyens de productions soient rangés dans l’une ou l’autre des catégories.

Lire la suite »

Diaspora : Suggestions pour faciliter l’accès à l’information

Je l’affirmais dans mon précédent billet : nous recevons trop d’informations. Mais, vous vous en doutiez, il est rare que je fasse un simple constat sans avoir ma petit idée sur la question. J’évoquais donc comment les informations qui nous arrivaient aujourd’hui par les e-mails et surtout les réseaux sociaux nous étaient destinées particulièrement, comment elles sont ciblées. Et pour cause, ce sont bien souvent nos amis qui nous conseillent de lire un certain article, de regarder une certaine vidéo. Avec pour principale conséquence une activité très chronophage. Alors, comment faire le tri dans cette montagne d’informations, pour regarder ce qui nous intéresse vraiment sans le louper, tout en évitant l’inutile ?

En tant que libriste convaincu, je n’utilise pas Facebook ou Twitter. Mon réseau social, pour lequel ce constat est tout aussi valable, c’est Diaspora*. Et ce qui est bien avec le Libre, c’est que tout le monde peut participer à améliorer la chose. Cet article a donc pour objectif de lister des idées d’amélioration au réseau social Diaspora, idées axées sur la présentation du contenu.

Lire la suite »

Trop d’informations tue l’information

2012. Je ne sais pas si c’est la fin du monde, mais ce que je vois, c’est que nous sommes submergés. Pas de météorites, de laves, de tsunamis ou je ne sais quoi d’autres. Nous sommes submergés d’informations. Il ne se passe pas une minute dans la journée sans que nous apprenions une information. Je parle de l’information sous n’importe quelle forme, de « il va pleuvoir demain » à « la BCE va prêter à la Grèce » en passant par « Gérard vous invite à passer le réveillon chez lui » ou encore « Le saucisson est 1 euro moins cher dans ce nouveau supermarché ». Que ce soit chez soi ou dans la rue, au travail ou durant les loisirs, il y a toujours quelque chose qui entre en interaction avec nous et cela a pris des proportions que nous n’imaginions même pas il y a 20 ans.
Lire la suite »

Ma vision d’un vrai web social Part 4 : The ultimate solution : un webmail social

Il est recommandé d’avoir lu les parties une, deux et trois avant de lire cet article.

Tl;dr : Il est possible de répondre aux trois problèmes précédemment évoqués tout en gardant les fonctionnalités d’un réseau social et le tout, très simplement. Il s’agit de rajouter une interface par dessus un serveur mail. Les e-mails sont en effet décentralisés, fonctionnent très bien et permettent toutes sortes d’interactions. Couplé à Persona pour se connecter partout en gérant ses identités, et à un Gravatar amélioré pour lier son email à un profil, on a la solution ultime :p

Alors, où en sommes-nous ? J’avais proposé dans la partie 1 la possibilité de pré-installer la solution que l’on imagine dans cette série d’articles dans les boxes des particuliers, en leur fournissant l’outil comme le FAI leur fourni déjà des adresses e-mails. Cela permet à la fois de toucher les gens rapidement en leur fournissant une solution clef en main, et à la fois de sécuriser leurs données en les laissant à portée de main.

J’avais expliqué dans la partie 2 les problèmes que présentaient pour moi les réseaux sociaux actuels, qui enferment le contenu et les échanges à un unique endroit souvent clos, et ce même pour les réseaux sociaux Libres et décentralisés.

La partie 3 nous a permis de voir que les listes de contacts dans les réseaux sociaux n’étaient pas une bonne solution au problème de séparation des identités, puisque nous y publions toujours avec le même nom (qu’il soit réel ou que ce soit un pseudonyme), ce qui permettait un recoupement facile. Nous avons de plus observé que nos identités sur Internet étaient souvent reliées à une adresse mail, et que les personnes dans nos listes des réseaux sociaux correspondaient à notre liste de contact de chacune de nos adresses.

Alors, avec tout ça, qu’est-ce qu’on fait ?

Et bien, voici une solution qui semble assez simple d’après moi, et qui permet de gérer toutes ces problématiques à la fois, tout en gardant les fonctionnalités de base d’un réseau social.

Lire la suite »

Ma vision d’un vrai web social Part. 3 : Mes identités virtuelles

Il est recommandé d’avoir lu les parties une et deux avant de lire cet article.

Tl;dr : Sur internet, nous ne sommes pas anonyme, nous avons juste une identité différente de celle que nous avons dans la vraie vie. Nous en avons même plusieurs, elles correspondent généralement à nos adresses e-mails. Un vrai web social doit permettre de les gérer facilement.

Nous avons vu dans la partie 1 une des facettes du problème de la vie privée : la nécessité de garder le contrôle de nos données, notamment en les stockant chez nous et pas dans un service hébergé aux États-Unis. Pourtant, le fait que Facebook ait le droit d’utiliser le contenu que vous avez mis sur son site comme bon lui semble (oui, s’il veut vendre photo de profil à Coca-Cola pour leur prochaine pub, il a le droit) n’est pas le plus gros problème de vie privée posé. Non, le plus gros problème, c’est plutôt ce que vous racontez, et qui se retrouve accessible à tous, malgré des soit disant réglages de protection. Vous saviez qu’aux États-Unis, la nouvelle mode pour un employeur est de demander les accès de votre compte Facebook ? Oui oui, il ne veut pas que vous le rajoutiez en ami, non, il veut pouvoir se connecter sur votre compte et regarder ce que vous faîtes, en ayant accès à tout. Et, crise et nécessité de trouver un emploi obligent, les gens acceptent. Tout ça pour dire qu’un autre gros problème de vie privée sur les réseaux actuels, c’est que ce que l’on raconte. Et c’est surtout, sous quelle identité on le raconte.

Lire la suite »

Ma vision d’un vrai web social Part. 2 : Hello world

Pour comprendre cette article, vous devez avoir lu la partie 1.

Tl;dr : Les réseaux sociaux actuels, en enfermant le contenu partagé et en empêchant les réactions de créer un débat car elles se retrouvent divisées entre chaque partage, cassent les réflexions, contre-argument ou compléments souvent passionnants que l’on peut retrouver dans les commentaires. Un système permettant de recommander dans le réseau, puis de participer là où se trouve le contenu plutôt que de le dupliquer partout, semble beaucoup plus intéressant, et est déjà en partie mis en place par Facebook, avec les problèmes qu’on lui connait concernant la vie privée

Lire la suite »

Ma vision d’un vrai web social Part. 1 : Garde tes données sous ton oreiller

Ou « quelles sont toutes les caractéristiques qui devraient être la définition du web 2.0 au lieu du toujours plus de fermeture que l’on observe en réalité ».

Tl;dr : Puisque les gens ne savent pas et n’ont pas que ça à faire de mettre en place un serveur à la maison, il suffit qu’il y soit sans qu’ils n’aient rien à faire. L’idée : un serveur simple mais complet pré-installé dans la box internet.

Lire la suite »

Réflexions sur le fonctionnement des brevets et l’innovation

Si vous suivez un peu l’actualité IT, vous n’êtes pas sans savoir que les brevets occupent une grande place dans les gros titres. Tous les jours, on lit les « nouvelles avancées » des grands procès en cours. Apple contre Samsung pour des histoires de copie de l’iPhone, Oracle contre Google pour des histoires de licence de Java dans Android, et j’en passe. Il faut savoir que les brevets à l’origine de ces histoires ressemblent par exemple à celui-ci (déposé par Apple en 2005, soit deux ans avant la sortie du premier iPhone) : « Unlocking a device by performing gestures on an unlock image ». Je vous laisse lire la description du brevet, elle tient en quelques lignes. Au passage, cette techno existait déjà par le N1m de Neonode (un fabricant Suédois) qui date de 2004 (article de Florian Mueller).

Le principe des brevets, c’était de permettre l’innovation. En brevetant des concepts aussi vagues et en attaquant tout le monde à tout va, je ne suis pas persuadé qu’ils remplissent correctement cet objectif. (Oui, c’est un euphémisme.)

Permettez-moi de vous partager mes réflexions sur le sujet.

Lire la suite »