Réflexion sur l’accès au contenu pertinent de manière personnalisé sur diaspora*

Cet article de blog deviendra certainement une discussion sur loomio lorsque j’aurais le temps de le traduire. Pour l’instant, l’écrire en Français est plus facile pour moi. Comme mes réflexions peuvent tout de même intéresser (et qu’on peut préférer lire en Français), je les partage ici. Voir aussi cet ancien article sur le même sujet.

Il y a trop de messages dans nos flux

Un réseau social sert majoritairement à partager et à échanger. S’il est correctement utilisé, il peut même permettre une veille efficace et devenir la principale source d’informations. Il suffit pour cela de suivre suffisamment de personnes postant du contenu intéressant. Malheureusement, il peut vite devenir compliqué de faire le tri dans la montagne de messages qui s’entassent dans notre flux. Le nombre de messages qui nous semblent pertinent peut décroître, jusqu’à tomber bien bas, ce qui fait perdre un temps précieux voire nous fait quitter le service.

L’automatisation n’est pas la solution

La solution de Facebook (je ne sais pas pour Twitter, mais j’imagine qu’il y a une pratique similaire) à ce problème consiste à étudier notre usage et notre activité pour filtrer de manière automatique notre flux en nous proposant principalement les personnes et sujets avec lesquels nous interagissons majoritairement. Cette approche pose un problème de cercle vicieux : nous sommes bien évidemment moins susceptible de cliquer sur un contenu qui ne nous est pas présenté, comme nous n’interagissons pas avec lui il nous sera moins souvent présenté, etc. De plus, elle implique de faire de l’analyse des usages et des données, ce que nous essayons de limiter dans le logiciel Libre pour des raisons de respect de la vie privée. À cela, il faut rajouter le fait qu’un ordinateur peut se tromper. Finalement, personne mieux que nous même n’est capable de savoir si un contenu ne nous intéresse ou pas.

Les hashtags, une solution partielle

Nous avons vu que suivre des personnes intéressantes n’est pas une solution suffisante. Ces personnes peuvent parfois poster du contenu qui ne nous intéresse pas. Pire, certaines personnes peuvent parfois poster un contenu qui nous intéresserait, mais poster majoritairement du contenu sans intérêt. Nous pouvons aussi ignorer complètement l’existence d’une personne qui nous intéresserait beaucoup et ne jamais la découvrir. La solution de Twitter et diaspora* à ce problème est le système de hashtag. On peut ainsi se mettre à suivre non pas des personnes mais des sujets, ce qui résout le problème évoqué ci-dessus. Malheureusement, certaines personnes peuvent squatter un hashtag, voir en ajouter systématiquement des dizaines pour tenter de donner de la visibilité à leur message (cas moins régulier sur Twitter où les tweets sont limités à 140 caractères pour le moment). De plus, il est aussi possible d’utiliser un hashtag pour parler de son contraire. Par exemple, une personne postant un article parlant d’un problème sous #windows pourra accompagner son message d’un commentaire comme « Ca ne serait pas arrivé sous #linux ! ». Si nous sommes intéressé par les messages parlant de #linux et donc nous suivons ce hashtag, ce message apparaîtra dans notre flux, alors même qu’il ne parle que du système de Microsoft.

Les expressions booléennes, une suggestion pour diaspora*

Cette idée me trotte dans la tête depuis des années. En fait, je la décris déjà dans la première suggestion de cet article qui date de 2012 ! Il s’agirait de permettre à l’utilisateur d’écrire une requête avec trois entités différentes : les utilisateurs, les aspects et les tags, ainsi qu’avec trois opérateurs (en plus des parenthèses pour déterminer la priorité) : le ou, le et et le non. Un utilisateur pourrait ainsi rechercher #linux && !#microsoft. La réponse à cette requête serait un flux de tous les messages contenant le tag #linux et ne contenant pas le tag #microsoft. Si on se rend compte en plus qu’un utilisateur spamme le tag #linux, on peut aussi l’enlever de ce flux en rajoutant && !@userSpammer. Et voilà, un flux tout propre avec juste ce qui nous intéresse !

Ces requêtes doivent ensuite pouvoir être épinglées pour se retrouver dans la colonne de gauche de la page des flux, afin de pouvoir être sélectionnée facilement sans avoir à réécrire la requête. On pourrait même vouloir lui donner un nom et la définir comme flux par défaut, et, pourquoi pas, combiner les requêtes entre elle toujours avec les trois opérateurs.

Les questions qu’il reste à trancher pour avoir des spécifications complètes :

  • # pour les tags et @ pour les personnes sont devenus des standards de fait. Qu’utiliser pour désigner un aspect ?
  • &&, || et ! sont bien connus des développeurs. Ce sont cependant des symboles techniques. Doit-on les utiliser ou bien chercher quelque chose d’autres ? Google utilise l’espace pour dire &&, OR pour dire || et – pour dire ! dans sa barre de recherche par exemple.
  • Qu’est-ce que vous allez bien pouvoir offrir à Marien et Taratatach pour qu’ils m’aident à implémenter ça ?

Diaspora*, à l’usage

Le dernier article de Maniatux, à propos de Diaspora*, m’a donné envie de réagir. Notez bien que ce n’est pas tant son article qui me fait prendre la plume de nouveau sur ce blog après deux ans d’absence mais plutôt le fait que j’ai envie de faire revivre un peu les Geexxx en compagnie de copain Fla.

Maniatux nous explique que, non, Diaspora*, ce n’est pas pour lui en nous expliquant les raisons de son désarroi. J’avoue avoir été déçu car la majorité de ses critiques portent sur l’installation d’un pod et non pas sur l’utilisation qu’il a pu en avoir. Je ne m’étendrai pas sur les « Ruby c’est du caca » « Y a des bugs c’est tout pourri » et autres « Ça manque de fonctionnalités de la mort qui tue » : il a tout à fait raison. D’ailleurs j’avais déjà critiqué le projet sur mon blog perso (hop ! Backlink gratuit !) il y a deux ans jour pour jour (les hasards du calendrier). Les choses n’ont finalement que peu évolué depuis, mais surtout à cause du manque de contributeurs au code.

Par contre, une phrase m’a surpris :

Diaspora est un twitter castré, je ne vois pas ce que cela apporte de plus par rapport à un blog pour le moment.

De un, j’aurais plutôt pris Google+ en exemple de castration, mais ça on s’en fout.

De deux, bien sûr que Diaspora apporte quelque chose en plus aux blogs traditionnels ! Les vieux blogueurs (ou gourous comme ils préfèrent s’appeler) auront beau vanter les mérites du blog, il manquera toujours au moins un petit quelque chose : l’ambiance générée par l’effet communautaire. Un blog peut évidemment comporter une petite communauté, mais cela sera totalement différent. Une analogie simple mais que je pense pertinente : le réseau social est au blog ce que le bar est à notre chez nous. On peut se retrouver avec des potes chez nous à discuter comme l’on peut se retrouver autour d’une bière dans un bar à discuter avec des potes. L’ambiance.

Je conçois que mon analogie est un peu tirée par les cheveux et on l’appréciera ou non, mais c’est ma vision des choses. Pour être plus direct, il y a un certain nombre de choses que Diaspora* m’apporte et que les blogs n’ont pas :

  • Une identité unique : le nerf de la guerre ! D’un blog à l’autre, nos commentaires n’ont aucun lien entre eux : une personne A peut très bien commenter sur mon blog avec le pseudo « J’aime le fromage » tandis qu’il s’agira d’une personne B avec le même pseudo sur un autre. Et puis que c’est chiant de devoir compléter tous ces champs pour indiquer son nom, son adresse mail et son site avant de pouvoir commenter !
  • Un carnet d’adresses : même si Diaspora* ne me convient pas entièrement sur ce point, c’est toujours mieux que le blog. L’un de mes protons (contraction de projet et de carton) consiste à revoir le fonctionnement des carnets d’adresses au niveau des réseaux sociaux, je vous en parlerai peut-être un jour…
  • La centralisation de MES données (principalement les commentaires). Si la décentralisation du point de vue réseau est appréciable il en est autrement de mes données que je souhaite garder sous le coude.
  • L’instantanéité du dialogue avec des gens que je ne connais(sais) pas. Bien que Fla ne l’avoue qu’à contre-cœur, Cyrille Borne a tout de même rabattu un petit paquet de personnes francophones que l’on avait l’habitude de suivre par leur blog. On découvre par conséquent une autre facette de tout ce petit monde qui tourne autour de la blogosphère (geek) française.

Tout cela n’enlève pas les (nombreux) défauts de Diaspora* et je suis quasiment certain que ce réseau est condamné à pourrir dans le terrible trou de l’oubli d’ici quelques années mais profitons de ses jeunes années avant de migrer ailleurs, de belles choses peuvent encore en sortir ! Alors viens copain !

Le scandale de la NSA pour les nouilles

Je n’ai pas l’habitude de reprendre du contenu d’autres sites web dans mes propres articles. D’ailleurs, je reste fidèle à ce principe, puisque je ne vais pas le faire ici. Pour autant, ce billet a comme premier objectif de vous renvoyer vers celui de klaire que je viens de découvrir :

Le scandale de la NSA pour les nouilles

J’ai trouvé cette infographie très claire et bien réalisée, je vous encourage donc à la découvrir et à la partager comme je viens de le faire. Elle est pour moi un support idéal pour résumé l’ampleur de l’histoire à un public pas forcément touché par ce genre de révélations.

Allez, c’est votre devoir maison, faîtes-le, maintenant ! Présentez ce document à des gens autour de vous et faîtes les réfléchir sur le sujet !

… C’est bon, c’est fait ?

Bon. Alors, vous avez probablement eu deux types de réactions différentes après la lecture de l’infographie :

Réaction possible numéro une : « Moi, j’m’en fous, j’ai rien à cacher, rien à me reprocher, ils s’en foutent la NSA que je bouffe du fast food et que mon père soit charpentier. »

Voici comment je réagis à ce genre d’affirmation (n’hésitez pas à partager dans les commentaires comment vous réagissez vous, ça m’intéresse ! On peut sûrement peaufiner notre discours pour qu’il soit le plus convainquant possible) :

  1. Le problème de l’État lui même : En théorie, l’État oeuvre pour le bien des citoyens. En réalité, on voit bien que c’est pas toujours le cas. Et surtout, même s’il prend soin des citoyens en ce moment même, on ne sait pas de quoi le futur sera fait, et laisser 50 ans de données à la nouvelle dictature du futur n’est pas quelque chose qui m’enchante. (Imaginez vous un instant si un dictateur avec des idées d’éradication arrivait au pouvoir maintenant que Facebook est là, avec tout ce que vous avez pu y publier depuis des années…)
  2. Le problème des entreprises qui nous embauchent : On dit ce qu’on veut sur le respect de la vie privée, clairement, les recruteurs et même les RH une fois dans l’entreprise surveillent ce que vous dîtes sur les réseaux sociaux. Et dans la période de chômage actuelle, les entreprises peuvent se permettre de faire les difficiles sur les gens qu’elles embauchent, ce qui est loin d’être le cas pour les personnes cherchant du travail…
  3. Le problème des entreprises dont nous sommes les clients : c’est pour moi clairement le plus gros problème, pourtant, nous n’entendons généralement que les deux premiers quand on parle de vie privée. C’est le plus gros car c’est celui qui nous impacte le plus souvent, le plus facilement. Prenons un exemple simple, vous voulez assurer votre moto. Vous êtes un garçon, de 24 ans, avec le permis depuis 4 mois. Rien qu’avec ces trois critères (age, sexe, durée de permis), nous voyons une différence de tarif du simple au double avec par exemple une femme de 40 ans ayant le permis depuis 15 ans. Juste parce que, statistiquement, vous avez plus de chance d’avoir un accident. Alors imaginez maintenant que, statistiquement, il se révèle que les gens aimant les fast food et ayant un père charpentier ont deux fois plus d’accident que les autres (c’est un exemple, je n’ai rien contre les charpentiers, bien au contraire). Que va faire votre assurance, à votre avis ? Doubler le prix. Voici quelque chose qui implique votre vie en ligne, ou vous n’avez « rien à cacher », et qui impact pourtant directement votre vie réelle, hors ligne, votre portefeuille. J’ai beaucoup de choses à dire sur ce sujet, et il fera donc l’objet d’un autre article, mais j’espère vous avoir déjà mis la puce à l’oreille.

Réaction possible numéro deux : « OMG OMG OMG c’est horrible qu’est-ce que je peux faire ? »

J’ai déjà donné quelques pistes dans mon précédent article lors des révélations sur PRISM. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet une fois de plus, l’objet de ce billet était surtout de vous faire découvrir l’infographie de @klaire. En résumé : utilisez des logiciels Libres (Firefox, pas Internet Explorer ni Chrome, si vous avez un geek sous la main, demandez lui de vous installer Linux), éviter les services des entreprises américaines (prism-break.org résume bien les alternatives existantes), protéger son surf (installer les extensions httpseverywhere et ghostery (ou disconnect.me) dans firefox, activer do not track et désactiver les cookies tiers dans firefox…). Je m’étendrai certainement plus sur ce dernier point dans un prochain billet. En attendant, diffusez l’infographie, le monde doit savoir !

Comment ça marche, la fédération de diaspora* ?

English version below.

Pour rappel, on désigne par « fédération » l’échange des données entre les différentes instances de diaspora* (appelées pods). Il s’agit donc du protocole qui permet aux serveurs de communiquer entre eux.

Avec le travail en cours pour extraire le code s’occupant de la fédération du reste du code de diaspora (oui, ce code devrait devenir une gem à part et donc être utilisable par n’importe quel projet qui veut parler avec diaspora* !), il me semble qu’un petit article de vulgarisation sur la fédération n’est pas de trop. J’ai régulièrement des remarques sur différents points qui m’obligent à réexpliquer un peu comment tout ça marche, alors un joli article à la limite du technique mais compréhensible par tous, ça me semble la solution parfaite, je n’aurai plus qu’à donner ce petit lien… 😀

Alors, comment les serveurs de diaspora* communiquent-ils, pour réussir à faire qu’être inscrit sur n’importe lequel d’entre eux permet (presque) la même chose que si tout le monde était sur le même serveur ? (comment ça, presque, je vous entends dire ? Oui, il y a quelques cas où vous n’aurez pas le même résultat après avoir effectué la même action quand vous êtes sur deux pods différents. Ce billet a justement comme but de vous expliquer pourquoi). Read More

Ma vision d’un vrai web social Part 4 : The ultimate solution : un webmail social

Il est recommandé d’avoir lu les parties une, deux et trois avant de lire cet article.

Tl;dr : Il est possible de répondre aux trois problèmes précédemment évoqués tout en gardant les fonctionnalités d’un réseau social et le tout, très simplement. Il s’agit de rajouter une interface par dessus un serveur mail. Les e-mails sont en effet décentralisés, fonctionnent très bien et permettent toutes sortes d’interactions. Couplé à Persona pour se connecter partout en gérant ses identités, et à un Gravatar amélioré pour lier son email à un profil, on a la solution ultime :p

Alors, où en sommes-nous ? J’avais proposé dans la partie 1 la possibilité de pré-installer la solution que l’on imagine dans cette série d’articles dans les boxes des particuliers, en leur fournissant l’outil comme le FAI leur fourni déjà des adresses e-mails. Cela permet à la fois de toucher les gens rapidement en leur fournissant une solution clef en main, et à la fois de sécuriser leurs données en les laissant à portée de main.

J’avais expliqué dans la partie 2 les problèmes que présentaient pour moi les réseaux sociaux actuels, qui enferment le contenu et les échanges à un unique endroit souvent clos, et ce même pour les réseaux sociaux Libres et décentralisés.

La partie 3 nous a permis de voir que les listes de contacts dans les réseaux sociaux n’étaient pas une bonne solution au problème de séparation des identités, puisque nous y publions toujours avec le même nom (qu’il soit réel ou que ce soit un pseudonyme), ce qui permettait un recoupement facile. Nous avons de plus observé que nos identités sur Internet étaient souvent reliées à une adresse mail, et que les personnes dans nos listes des réseaux sociaux correspondaient à notre liste de contact de chacune de nos adresses.

Alors, avec tout ça, qu’est-ce qu’on fait ?

Et bien, voici une solution qui semble assez simple d’après moi, et qui permet de gérer toutes ces problématiques à la fois, tout en gardant les fonctionnalités de base d’un réseau social.

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Ma vision d’un vrai web social Part. 2 : Hello world

Pour comprendre cette article, vous devez avoir lu la partie 1.

Tl;dr : Les réseaux sociaux actuels, en enfermant le contenu partagé et en empêchant les réactions de créer un débat car elles se retrouvent divisées entre chaque partage, cassent les réflexions, contre-argument ou compléments souvent passionnants que l’on peut retrouver dans les commentaires. Un système permettant de recommander dans le réseau, puis de participer là où se trouve le contenu plutôt que de le dupliquer partout, semble beaucoup plus intéressant, et est déjà en partie mis en place par Facebook, avec les problèmes qu’on lui connait concernant la vie privée

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Ma vision d’un vrai web social Part. 1 : Garde tes données sous ton oreiller

Ou « quelles sont toutes les caractéristiques qui devraient être la définition du web 2.0 au lieu du toujours plus de fermeture que l’on observe en réalité ».

Tl;dr : Puisque les gens ne savent pas et n’ont pas que ça à faire de mettre en place un serveur à la maison, il suffit qu’il y soit sans qu’ils n’aient rien à faire. L’idée : un serveur simple mais complet pré-installé dans la box internet.

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