Ma vision d’un vrai web social Part. 2 : Hello world

Pour comprendre cette article, vous devez avoir lu la partie 1.

Tl;dr : Les réseaux sociaux actuels, en enfermant le contenu partagé et en empêchant les réactions de créer un débat car elles se retrouvent divisées entre chaque partage, cassent les réflexions, contre-argument ou compléments souvent passionnants que l’on peut retrouver dans les commentaires. Un système permettant de recommander dans le réseau, puis de participer là où se trouve le contenu plutôt que de le dupliquer partout, semble beaucoup plus intéressant, et est déjà en partie mis en place par Facebook, avec les problèmes qu’on lui connait concernant la vie privée

Cela fait longtemps que j’en discute avec les copains. A vrai dire, cela fait même tellement longtemps qu’on y réfléchit que je me dis que quelqu’un s’est déjà sûrement lancé quelque part. Sauf qu’on ne le sait pas encore. Mais je sais que d’autres ont déjà tenu le même raisonnement.

Les réseaux existants sont sur la mauvaise voie. Pourquoi ? Parce qu’ils enferment au lieu de libérer. Jamais avant l’existence de Facebook et Twitter, l’information n’avait circulé aussi rapidement. Ça a d’ailleurs causé des problèmes intéressants, comme pour nos élections par exemple, où on ne voulait pas que les sondages de sortie des bureaux de vote ne soient accessibles avant que tous soient allés voter.

Pour autant, les réseaux sociaux n’ont pas amené les débats si intéressants qui devraient forcément suivre les informations partagées. Le point de vue d’un autre qui nous avait échappé, le contre-argument à l’article ou le lien vers une source qui complète. En bref, tout ce qu’on retrouve dans les commentaires et qui est au moins aussi important que l’article lui-même. Les réseaux sociaux actuels, les privateurs comme les Libres, ont échoué à faire naître ces débats.

Pourquoi ? Parce qu’ils enferment à l’intérieur d’eux, dans un endroit inaccessible à la majorité des surfeurs, les réactions des gens. Parce que quand vous partagez un article sur Facebook, il est déjà rare que vous le fassiez en public (l’obligation d’afficher son nom à côté n’étant pas étranger à ce choix), donc seuls vous et vos amis vont pouvoir commenter et voir le débat. Un cercle restreint, souvent du même avis, qui ne permet pas l’ouverture d’esprit. Et même si vous le partagez en public, peu de gens vont voir votre message, et si quelqu’un le voit et le repartage, les nouvelles réactions de ses contacts à lui ne se feront pas à la suite des vôtres, et donc le débat sera dispersé une fois de plus.

Les réseaux sociaux actuels amènent le contenu vers eux au lieu d’amener les gens vers le contenu. Peut-être que des gens débattent en ce moment avec ardeur de mon dernier article, quelque part où je n’ai même pas l’accès. Et même si j’y avais l’accès, comment pourrais-je le savoir ? J’aimerais débattre avec eux, réagir à leur commentaire. Toutes ces choses qui me passent à côté…

D’un autre côté, nous avons des sites comme LeMonde.fr où il est obligatoire d’être abonné, et donc de payer (cher), pour pouvoir commenter. D’office, cela exclus de nombreuses personnes, dont l’avis pourrait être pourtant très pertinent.

Ce web là n’est donc pas social. Pour moi, le un site web social est un site où nous pourrons tous, sans inscription (ni paiement), parler avec tout le monde. Et le web sera social lorsqu’un majorité des sites seront comme cela. Oh, le beau rêve. Mais si, d’un point de vue pratique, cela n’est pas forcément aisé (je pense ici à tous les sites qui modèrent « à la main » les commentaires), du point de vue technique, c’est tout à fait réalisable, et c’est d’ailleurs ce qui est en train de se passer avec Facebook Connect.

Dans mon idéal, les choses pourraient marcher ainsi : lors du partage d’un article dans un réseau « social », au lieu de permettre aux gens de commenter à l’intérieur du site du réseau, l’idée serait plutôt d’afficher « Flaburgan a commenté TrucMuche sur LeMonde.Fr, venez donner votre avis ». C’est ce que l’on observe avec les « recommandations » dans Facebook.

Nous avons donc un article, dont l’auteur garde le « contrôle » tout en donnant les moyens aux gens de réagir sans nécessiter d’inscription. Pour une fois, je vais reconnaître à Facebook le génie de cette idée. Diffuser la possibilité pour tous de parler où l’on veut. Cependant, deux problèmes : D’abord, on ne gère pas l’identité avec laquelle on parle, et puisqu’on n’est pas censé être inscrit avec un pseudonyme sur Facebook, on parle avec notre « véritable » identité affichée (comprendre, notre identité civile), ensuite, tous les sites où l’on parle et ce que l’on dit est, n’en doutons pas, enregistré et revendu par Facebook à travers ses offres publicitaires.

Au vu des problèmes énoncés, la situation est donc, n’ayons pas peur des mots, catastrophique pour ce qui est du respect de la vie privée. Après tout, c’était Facebook, on s’en doutait. Mais l’idée de base est là. Il ne reste plus qu’à créer une solution capable de faire la même chose, mais en respectant les utilisateurs.

Un vrai web social doit permettre une libre circulation des échanges et des contenus à travers toutes les plateformes et sans inscription.

La partie 3 va parler des identités virtuelles.

{1} Thought on “Ma vision d’un vrai web social Part. 2 : Hello world

  1. Tout ceci prouve bien une réflexion qui a été retournée plusieurs fois, je suis d’ailleurs de ton avis, mais je ne peux m’empêcher de faire la remarque :
    On a un problème quand on doit s’inscrire sur un site, mais le problème est le même lorsqu’il faut renseigner une adresse mail pour commenter. Pourquoi ? Ça revient une nouvelle fois à donner notre véritable identité puisqu’on est tenu de renseigner de vraies informations lors de la création d’un compte mail. Ou si on héberge nous-même le serveur de messagerie, on expose notre adresse IP alors si je préserve mon identité en surfant avec TOR je suis comme un con une fois que je veux laisser un commentaire, on retrouve ce principe de cercle fermé, non ?

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